Une Formation qui ne dit pas son Nom : Épisode VI

Bonjour les amis

Cette semaine nous allons passer à quelque chose de sérieux, d’indispensable, de vital même dirai-je… ou pas : La Gestion et Supervision des Services.

Bon tout de suite j’en entends pour dire qu’effectivement c’est super trop intéressant, indispensable, voire vital, et je ne me hasarderai nullement à les contredire, surtout qu’ils doivent être bien plus compétents que moi sur le sujet, même si je doute que des personnes compétentes s’intéressent aux divagations de votre serviteurs sur la “formation” qu’il suit.

Aussi vais-je tenter d’expliciter la teneur de cette journée de cours, oui une journée de cours par semaine, et le reste “DSS” (Demerden-sie sich).

Alors nous voilà à apprendre du fg, du bg, du top, de l’uptime, des commandes qui, comment dirai-je, sont basiques, mais tellement puissantes (ah non en fait…) sans parler des kill, free, jobs essentielles à la gestion des services, processus…

Et là je me dis… Mais ça fait SEPT semaines que nous sommes en “formation” (oui vous devez vous douter pourquoi je mets “formation” entre guillemets), et nous en sommes à voir les commandes de base d’un environnement GNU/Linux, mais si c’était aussi simple nous n’en ririons pas autant…

Bref, nous voilà à revoir également les expression rationnelles (vues en semaine 3 il me semble, mais après tout on rempli les slides de cours comme on veut puisqu’on ne s’est pas donné la peine de vérifier si les exercices ou les TDs étaient réalisables – si, si je vous jure ma bonne dame !) et nous passons directement à un survol de systemd (oui je sais là aussi, certains dirons systemd c’est caca, alors que d’autres loueront systemd, chacun sa croix comme disait le nazaréen…).

La partie se corse quand nous passons aux exercices…

Et là, c’est le drame !

Non seulement les énoncés d’exercices sont d’une clarté marécageuse, mais en plus il n’ont pas été corrigés par le rédacteur, autrement dit il y a de fortes probabilités, pour ne pas dire des certitudes flagrantes qu’ils ne puissent être menés à terme et fonctionnels.

Et là je me dis… (tiens déjà-vu) Mais ça fait 15 ans que le mec fait des slides de cours et a priori personne n’a été foutu de lui demander si ses exercices ou TDs étaient réalisables, ou n’a même cherché à les faire pour vérifier qu’ils l’étaient…

Bon, on tente bien de faire les exercices, qui relèvent du niveau d’administrateur expérimenté et pas du noob en “formation” de “DevOps”, et nous y parvenons. Ok on triche un peu, on adapte ça et là les exercices ou les TDs pour les rendre fonctionnels sans quoi on irait droit dans le mur, mais en même temps, comme dirait les adorateurs de notre roi bien aimé Emmanuel Ier, on s’en fout, car il n’y a aucun bilan des acquis, aucune finalité autre que le passage du LPIC-101 (ne donnant que le droit d’accéder au 102 dans les 4 mois suivants).

Donc voilà. Ah oui bien entendu, les TDs n’ont rien à voir, ou de très très très très loin avec les cours, puisque pour les TDs de cette semaine on doit installer Mattermost, Pure-FTPD avec une BDD PostgreSQL… Mmmhh il me semble pourtant qu’à aucun moment dans le cours on nous parle de ça, il nous a donc fallu fouiller internet pour trouver les solutions aux énoncés, toujours aussi ésotériques, et pour ça être en “formation” est-ce vraiment nécessaire ? Bien sûr que oui me direz-vous, après tout l’organisme en charge de la “formation” reçoit des fonds relatifs à la mise en place d’une (ou plusieurs, poke les “DevOps”) session de “formation”.

Je m’explique pour le “formation” : une formation c’est un formateur, un intervenant, professionnel, compétent, pédagogue qui enseigne une technologie, une méthode, un contenu à des participants curieux, ayant les bases nécessaires à l’assimilation du contenu, bref un cadre, une structure, des moyens, un bilan pédagogique en fin de semaine ou de cursus… la “formation” que nous suivons, c’est un intervenant qui est averti la semaine précédente de son implication dans le cursus, qui n’est pas du tout professionnel en terme pédagogique, qui n’a aucune méthode, et qui connaît à peine la technologie qu’il doit enseigner, ce sont des locaux sans chauffage, avec des climatisations fonctionnelles soufflant du froid sans cesse et surtout bruyantes, aucune vérification du contenu pédagogique (si on peut appeler des slides qu’on peut trouver sur internet mieux rédigés et plus clairs ainsi).

Bon ça c’était un petit râle sur ce qu’on est sensé suivre. Ceci dit il y a des personnes volontaires, poke Q. et O. qui ont été là plus que J. qui se contente de jouer les petits maîtres d’école à nous demander de faire des choses qui n’ont aucun intérêt pédagogique sinon lui donner l’illusion d’un pouvoir sur notre travail.

Enfin, je rends grâce aux Cheminots qui ne desservent pas ma gare en cette période de grève et m’évitent ainsi de perdre mon temps (2h30 de transports quotidiens tout de même) pour aller partager mon ignorance avec d’autres tout aussi ignorants que moi, sans possibilité quant à comprendre ce qu’on nous demande de faire ni même nous apporter l’assurance d’une prise en considération de notre situation précaire (la plupart n’ont aucune alternative à l’issue de la formation, car même si certains ont signé des POEI ils ne seront pas assurés d’avoir un boulot, et avec le contenu de cette “formation”, j’ai d’énormes doutes quant à leur capacité à pouvoir assumer un poste d’AdminSys GNU/Linux).

Comme j’écris ce billet en début de semaine, j’ai le programme de l’Épisode VII, et je vous assure les amis que nous entrons de plain pied dans le grand n’importe quoi…

See you next week for another adventure in Une Formation qui ne dit pas son Nom…

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