Petit Moral…

Ça a dû arriver à chacun d’entre-nous, un jour, une nuit, quelque part dans notre vie, on se sent moins gai, on se sent plus meurtri, on est moins souriant, on a envie d’envoyer chier tout le monde…

Ben ça m’arrive en ce moment, mais comme je suis dans l’auto-analyse permanente, j’ai une peur irrationnelle de la folie, je pense savoir d’où peut provenir ce manque de motivation, cette chute dans la déprime pour ne pas dire dépression…

Pour ceux qui lisent ces lignes, vous savez que je suis participant de “La Formation Qui Ne Dit Pas Son Nom” et sincèrement je pense que mon état d’esprit actuel est fonction en partie de cette situation.

Celles et ceux qui m’ont rencontré, celles et ceux qui me connaissent, savent que je ne suis pas une prime jeunesse et que ma bosse a plus que roulée. Aussi après des années d’errance, des années de souffrance, j’ai pris une décision. C’était il y a quatre ans, déjà, j’ai cru perdre la raison, celle qui nous pousse à avancer, celle qui nous permet à la vue d’une fleur de nous émerveiller, j’ai décidé de vivre, de ne plus renoncer, de ne plus me soumettre comme j’avais pu le faire durant des décennies pour tenter de m’intégrer dans cette société malade, et je rejoins Jiddu Krishnamurti quand il dit “Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade”, pourtant j’ai cherché à le faire, et là aussi j’en connais la cause sinon la raison.

J’avoue que je me livre dans ce billet bien plus que je ne devrais, peut-être, mais en vérité, je n’en ai cure, car je n’ai rien à cacher, n’en déplaise à Jérémie Zimmermann, ou plutôt je ne veux rien cacher de ce que je suis, de ce que j’ai été, pour pouvoir continuer à être sans avoir honte de ce que je suis.

Ainsi donc il y a quatre ans bientôt je me suis fait une promesse, j’ai fait un vœu, je ne me cacherai plus derrière un masque de sociabilité pour avoir à avancer. Bien entendu pour certains cela peut être une déclaration de suicide social, mais je n’en suis pas à mon coup d’essai.

Me voilà alors à dire la vérité, sur moi, mon passé, qui et ce que je suis. Je me fous royalement ce que les unes, les uns, les autres même, peuvent penser, car je suis ce que je suis, à l’instar de la chanson de Gloria Gaynor (que j’affectionne particulièrement, pas la seule de ses chansons qui fait battre mon cœur plus fort et humidifie mes yeux en les écoutant).

En ce moment je m’interroge, me remets en question, ai peur pour mon avenir, et ai beaucoup de mal à ne pas montrer ma faiblesse au quotidien, mais je le dois, d’abord à ma blonde (j’aime l’appeler ainsi car elle l’est, malgré les ravages d’une chimiothérapie consécutive à l’ablation d’une tumeur maligne en septembre dernier, mais aussi car pour nos cousins québécois, cela désigne son amoureuse), et surtout à moi-même eu égard à cette promesse, à ce vœu que j’ai formulé il y a des années… Et ce n’est pas facile, pas facile de dissimuler maladroitement cette faiblesse, cette vulnérabilité.

Pourtant je devrais me réjouir d’avoir pu intégrer cette “formation”, car j’y ai fait la rencontre de personnes, qui au-delà de ce qui nous y a amené, sont des individus d’un esprit, d’une sensibilité, dans lesquels je peux me retrouver, car je suis le plus âgé de cette session, mais pas le plus compétent à atteindre sa finalité, et ces rencontres m’ont permis à la fois de me sociabiliser, mais aussi de faire face à un nouvel univers, celui dans lequel j’ai choisi de m’inscrire pour mon avenir, si court soit-il.

En effet, avec cette promesse que je me suis faite, j’ai décidé de ne plus verser dans le milieu informatique propriétaire microsoftien qui m’a appris tant, mais m’a tant abîmé, j’y reviendrai un jour certainement, j’ai voulu revenir à mes premières amour pour l’informatique, pour cet esprit qui aujourd’hui encore anime tellement de personnes dans le monde, une discipline permettant à chacun de se libérer d’une société capitalistique imposant sa vision du travail, des sciences, des échanges, des rapports tant humains que matériels.

Alors aujourd’hui si mon moral est si bas, c’est en parti parce que je me sens seul à faire face à la fumisterie d’une entreprise ayant créé cette session de “formation” ne s’interrogeant nullement sur les participants, leur parcours, leur vécu, leurs compétences même, mais ne s’intéressant qu’au retour médiatique que son initiative aura quant à son chiffre d’affaire, principalement issu de l’exploitation du logiciel libre et de l’open-source.

Bien entendu devoir faire bonne figure auprès de ma blonde pour ne pas ajouter à sa difficulté à faire face au cancer du sein qui l’a touchée n’est pas étranger au fait que je sois fatigué, et la fatigue induite par cette épreuve partagée, cumulée à la fumisterie (je me répète, alors que je ne supporte pas ça) de l’entreprise organisatrice de la Formation Qui Ne Dit Pas Son Nom sont donc les cause de mon moral altéré.

Je me sens si seul, malgré mes journées partagées entre mes camarades, ma blonde, mes chats, je me sens si las…

Voilà, je devais le dire, l’écrire, l’exprimer, pas par peur de ne pas m’en souvenir, mais pour que vous puissiez comprendre, peut-être, qu’un jour certainement proche, je ne serai plus apte à assumer tant de détresse, de désarroi et qu’il n’y aura alors plus de billet d’aucune sorte, car chaque homme a ses limites, et même si les miennes je les ai atteintes il y a longtemps déjà, il suffira d’un évènement extérieur supplémentaire pour que je craque définitivement et que j’abrège la souffrance qui est la mienne, souffrance que je traine depuis bien des années et qui atteint son apogée.

Je tiens à vous remercier de me lire et surtout ne vous inquiétez pas, car qui peut le plus peut le moins, aussi je serais certainement capable de me rebooter, à coup de whisky ou de haschich, pour continuer à vous assommer avec mes billets…

Je vous aime…

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