De la nécessité de changer d’humanité

Suis-je donc le seul à souffrir de la bêtise de mes contemporains, à pleurer chaque matin face à mon impuissance, face à la fatalité que je vois poindre dans mon reflet ?

Oui j’ai envie de mettre un terme à mes souffrances, puisque je ne suis pas capable, plus capable vraiment de les supporter, mais je suis aussi lâche que la majorité, j’ai peur de ne pas voir que je me suis trompé, qu’il existe un espoir pour nous tous de voir des lendemains meilleurs se lever.

Oui j’ai envie de me foutre en l’air quand je lis que la Russie édicte des lois homophobes, que la Chine nie la vérité sur les malades du SIDA, que l’Europe est soumise à un Fond Monétaire International qui comme toute société privée n’a que faire du devenir des citoyens dont elle a supprimé la souveraineté.

Oui j’ai aussi envie de prendre les armes et de me soulever, de me battre pour éliminer jusqu’au dernier débile qui foule cette planète d’arriérés.

Je suis fatigué de toute cette vie que j’ai passée à apprendre à voir dans mes semblables que je n’avais rien de commun avec eux, et que je ne peux rien faire pour ramener à la raison ceux qui en ignorent jusqu’à l’existence.

Tout ce que je peux faire c’est coucher mes mots sur le papier, plus exactement cet écran où vous les lirez, et grâce auxquels, peut-être vous vous interrogerez quant à savoir si vous ne serez pas le prochain à baisser les bras, à vous désister.

J’aime la vie et j’aime l’humanité, je suis prêt à tout pour apporter au monde tout ce que je sais, et ma vision globale de la fraternité humaine dont nous faisons partie fait de moi un monstre, car peu, trop peu d’individus sont comme moi aussi conscient des enjeux et des risques qu’elle court à se battre pour survivre.

Aujourd’hui je suis fatigué, j’ai besoin de repos, j’ai besoin de m’isoler, de m’absoudre de ce monde de fou, où je n’ai peut-être pas ma place, car j’ai bien essayé.

Nous avons besoin de changer le monde car c’est lui qui imprime son état à nos personnalités, nous pouvons, nous avons seuls le pouvoir de faire en sorte qu’il ressemble à ce que nous voulons qu’il soit, et par lâcheté, moi le premier, nous baissons les bras, car nous nous sentons esseulés, vaincus avant même d’avoir levé la voix pour dénoncer les injustices dont d’autres que nous sont victimes ici-bas.

Il ne tient qu’à nous de faire ce que nos parents n’ont pas eu le courage et la conscience de faire, sans quoi ce monde va ressembler à la plus grande des prisons de la voie lactée, et je ne tiens pas à finir ma vie en prisonnier.

Je préfère mourir en être libre que de vivre en esclave.

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