50ème anniversaire

Salut à toutes et tous…

Voilà 50 ans aujourd’hui j’arrivais en France…

Né au Portugal en 1966 dans une famille de prolétaires, même si mon père était ingénieur pétrochimiste, et ma mère couturière, à leur arrivée en France ils ont du revoir à la baisse leurs activités professionnelles et c’est ainsi que mon père s’est retrouvé soudeur, quant à ma mère elle n’a pas eu le choix que de se retrouver dans un premier temps mère au foyer avant de retrouver un poste de couturière par la force des choses.

Pour moi les choses ont été plus simples, trop simples…

Quand en 1965 mes parents décident de quitter le Portugal de Salazar c’est à la fois par refus des idéaux fascistes de ce dirigeant, mais aussi parce que mon père, filleul du rédacteur de la circulaire interdisant le port de l’Étoile Jaune au Portugal durant la guerre, était stigmatisé par les fachos aux pouvoir. Aussi c’est en qualité de réfugié politique qu’il a pu immigré dans ce pays en ayant la possibilité de faire venir sa famille ultérieurement. C’est ainsi qu’en 1967 ils décidèrent de partir du Portugal pour de nouveaux horizons. La France mais aussi l’Australie s’ouvraient à eux, mais en raison de mon jeune âge, je n’aurais pas survécu au trajet en bateau jusqu’à Sydney et c’est ainsi qu’ils choisirent la France et plus spécialement Toulouse où certains de leurs amis, et connaissances avaient élus domicile.

Mon père vint donc préparer la venue de sa famille, en trouvant à la fois un travail mais aussi un logement.

Bien qu’ayant été ingénieur pétrochimiste il se résolu par nécessité à changer de métier et accepta celui qu’on lui proposait, soudeur (oui il y avait assez de maçons et carreleurs portugais pour augmenter leur nombre croissant – cliché gratuit).

Ainsi donc le voilà soudeur à l’usine AZF de sinistre mémoire, avec un contrat de gardiennage pour ma mère lui permettant ainsi de venir, sous couvert, car il était alors difficile de quitter le pays.

Le 16 mai 1968, à 6:30 (heure indiquée sur le passeport de ma mère) nous arrivions en France, elle, ma sœur et moi-même (qui, ne supportant pas le voyage m’étais laissé allé à vider mes intestins en une magnifique diarrhée) de fait, quand le train arriva en gare de Toulouse Matabiau, terminus gréviste, c’est avec soulagement que nous foulions le sol de notre nouvelle maison.

Bien entendu tout cela je le dois au récit de mes parents qui nous ont bien rappelé combien nous avions eu de la chance, alors, de pouvoir trouver en France une terre d’accueil.

Mon enfance dès lors fut heureuse, je dois le reconnaître.

Nous logions rue Elvire à Toulouse, et l’école de quartier était alors l’école annexe à l’école normale (oui je sais ça n’existe plus tout ça) avec pour enseignant les “super instits”, chargés de former les futurs instituteurs et institutrices, recevant ainsi un enseignement plus que riche.

Voilà donc 50 ans de passés…

Quand je repense à toutes ces années, à ce que mes parents ont fui, à ce qu’ils ont trouvé, à la chance que j’ai eu, je ne peux qu’être nostalgique, et parfois en pleurer de regrets…

Quand je pense à toutes ces personnes réfugiées, quelle qu’en soit la raison, qui pensent trouver, comme mes parents alors asile en ce pays dont l’aura culturelle fut un exemple pour le Monde, je ne peux qu’être triste, vraiment triste, car elles se retrouvent dans un pays qui est devenu, en quelque sorte, celui que mes parents ont fui.

Aujourd’hui la France est une dictature qui ne dit pas son nom, un pays où on enferme les enfants qui ont eu la chance de survivre à des guerres, à des maladies, à des privations telles qu’aucun français n’a et ne connaîtra jamais.

Aujourd’hui la France est un pays où les dirigeants, élus à moins de 18% des électeurs actifs de la Nation, imposent une politique fasciste à la totalité du peuple, socialement, économiquement, culturellement.

Aujourd’hui la France est un pays dont j’ai honte, non pas du peuple, même si sa mansuétude est telle qu’il a permis l’accès au pouvoir de ces marionnettes animées par les multinationales financières et industrielles, mais bien de ce que ce peuple laisse perpétrer en son nom alors qu’il fut porteur de l’émancipation d’une Nation opprimée et exploitée.

J’aimerais ne pas mourir avant d’avoir vu la France retrouver sa gloire culturelle et sociale, voire économique, voir les individus partager entre eux leurs idées, toutes différentes, dialoguer entre eux de leurs religions, toutes différentes, construire ensemble un futur où les enfants seront fiers d’être partie prenante d’une Nation ouverte et sage, mais j’ai bien peur que ce rêve n’arrive pas et que je sois contraint de laisser s’échapper mon dernier souffle dans une dictature fasciste où seul la finance dictera le comportement de chacun, où seuls les médias permis par le pouvoir distilleront une information manipulée par le pouvoir, où l’éducation sera conditionnée aux volontés perverses de distinction de chacun.

J’ai tant à dire qu’il serait absurde que je continue à vouloir exprimer ce qu’un enfant (car je le suis toujours) rêve de voir se réaliser pour son prochain, car il est moi-même au-delà de mon corps.

Alors si j’ai un message à passer, une idée à communiquer, je ne dirai que ceci…

Nous sommes le Peuple Français, uni et indivisible, détenteur d’une histoire millénaire, d’une culture riche et internationalement reconnue et appréciée, d’un savoir faire précieux qu’il serait sage de communiquer et d’enseigner afin que tous soyons libre de l’exercer, quel que soit notre désir de réalisation, alors s’il vous plaît, ami-es, frères et sœurs, parents, ne laissez pas ce pays sombrer dans l’obscurantisme que votre ignorance crasse laisse présager, ouvrez les yeux, levez vous et défendez le droit de chacun à apprécier à sa juste valeur la richesse de notre contrée.

S’il vous plaît, ne laissez pas mon cœur saigner de tristesse face à ce que nous n’osons pas combattre, notre lâcheté…

3 réponses sur “50ème anniversaire”

  1. Je ne serais pas aussi optimiste (si-si), navrée. Je ne viens pas d’en dehors de la France, et je déplore d’autant plus cette apathie générale que partagent les français alors que tout semble partir à vau-l’eau. Quand bien même il est de nos jours presque illusoire d’oser penser que les choses vont changer pour mieux, il serait bon déjà que les gens puissent faire la rupture entre ce qu’on leur impose et ce qu’ils veulent, vraiment. Soyez déjà un peu libre dans votre tête, et peut-être, un jour, quelque chose changera.
    Les différentes gouvernances du pays ne font pas le pays. Ces politicards ne sont pas la France, ni les citoyens, ni même des gens, ce ne sont que des carriéristes au mieux. Entre les extrêmes, les anar et autres, il serait bon que le simple citoyen lambda arrête de gober ce qu’on lui gave dans la cervelle et le gosier pour s’arrêter un instant, sortir de sa routine et son confort, juste une seconde et pendant ce court moment, s’interroger sur ce qu’il se passe, ce qui ne va pas.
    Un à un, rien ne changera, inutile de se leurrer, juste un plus un plus un plus un, ça fait un tas au final… La résignation que je vois partout, que je partage parfois, souvent, et juste le ciment du déclin non pas seulement de ce pays mais du monde en général (drama mis à part).

  2. “ouvrez les yeux, levez vous et défendez le droit de chacun à apprécier à sa juste valeur la richesse de notre contrée.”
    Voilà. Tu le dis très bien.
    Merci <3

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